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15 mars 2011

Tirer le meilleur parti d’une caméra mobile

“La Poursuite” est un film tourné avec un téléphone mobile par le caméraman-monteur-réalisateur Franck Ceroni. Il a obtenu le prix de la meilleure mise en scène au Mobile Film Festival en 2010. C’est un court-métrage qui dure une minute, comme l’exige le règlement du festival. Il tire brillamment parti des caractéristiques de l’image mobile.

Les personnages de l’histoire sont à l’échelle de la caméra

La scène montre une course-poursuite en voiture, filmée en plan-séquence avec un téléphone portable. Les personnages et véhicules qu’on y voit sont des jouets. C’est une façon de tenir compte des caractéristiques de la caméra. “Ça va assez bien, de filmer des petits personnages en Playmobil, parce que finalement ils sont presque à l’échelle de l’optique du mobile…c’est complètement cohérent”, explique le réalisateur.

Le style de l’image correspond au stéréotype des vidéos amateur

Les mouvements de caméra sont rapides et difficiles à suivre : tout semble filmé par une personne elle-même lancée dans la poursuite. C’est dû à la technique de prise de vue choisie par l’auteur : “Je n’ai pas pu cadrer. J’ai collé mon téléphone portable sur des patins à roulette [...] mais je ne savais pas ce que je filmais.”

Les films tournés sur téléphone mobile portent certains stéréotypes, notamment l’idée selon laquelle vidéo mobile = vidéo floue et mal cadrée. Dans “La Poursuite”, Ceroni met ce stéréotype de l’image amateur au service de la narration. L’instabilité de l’image ajoute une sensation d’urgence, nous fait comprendre l’importance de la fuite.

La caméra miniature joue avec le langage cinématographique

“Je voulais rendre hommage aux courses poursuites du cinéma”, explique l’auteur. C’est pourquoi il place dans son film plusieurs stéréotypes du genre : “la maman avec son landau qui traverse, les gens sur le trottoir et qui crient, qu’on manque de renverser, un hélicoptère qui arrive par là et qui pourchasse la voiture, les voitures en contre sens…” “J’ai joué sur tout un tas de codes que les gens connaissent et identifient facilement”.

À la fin de la séquence, après un accident fracassant, la porte de la voiture s’ouvre et un jeune garçon en sort. Cette transition astucieuse entre les jouets et l’acteur vivant agit comme un clin d’œil fait au spectateur. Du début à la fin, Ceroni s’amuse avec la grammaire du cinéma et il le revendique.

Source citations : Franck Ceroni, entretien téléphonique, juin 2010.

3 mars 2011

Danone et Carrefour font appel aux blogueurs pour les Restos du Coeur

Cette année et pour la troisième fois, Carrefour et Danone sont partenaires des Restos du Coeur. Les groupes interviennent ponctuellement pour la collecte de denrées alimentaires, mais aussi toute l’année pour plus d’efficacité.

Un engagement à plusieurs niveaux

Les 4 et 5 mars 2011, des salariés de Danone et Carrefour participent aux collectes de denrées alimentaires pour les Restos du Cœur. En 2010, ils étaient déjà 3000 à avoir rejoint les bénévoles des Restos.

Du 16 au 22 Mars, les deux groupes financent des repas : pour quatre produits Danone (en promotion) achetés chez Carrefour ou Carrefour Market, un repas est offert aux Restos du Coeur.

Enfin, Carrefour et Danone s’engagent de manière durable. Ils mettent leurs compétences au service des Restos du Coeur, notamment en ressources humaines, informatique, logistique et nutrition infantile.

Les blogueurs sont sollicités

Les partenaires s’appuient également sur la blogosphère pour augmenter le nombre de repas offerts. Le système est simple : pour chaque article publié à propos des Restos du Coeur, Danone et Carrefour offrent dix repas. Une fois le billet en ligne, il suffit d’envoyer son Url par mail à blogueurs@restosducoeur.org.

L’idée paraît excellente car très facile à mettre en œuvre et gagnante pour tous. Le blogueur donne un peu de son temps, tout en sachant qu’il contribue à offrir des repas. De leur côté, les partenaires gagnent en visibilité et augmentent le nombre de dons. Une formule qui, on l’espère, montrera son efficacité sur le terrain !

Nb : Plus d’informations sur Les Pieds Sur Terre et c-solidaire.fr ou sur twitter @restosducoeur et @lespiedsurterre.

24 février 2011

Google Street Art View, musée numérique de l’art urbain

Google et Red Bull s’associent pour créer une galerie répertoriant les œuvres de Street Art du monde entier. Ainsi nait streetartview.com, un site qui permet de visionner des œuvres déjà identifiées et d’en localiser de nouvelles. Il utilise pour cela les prises de vue du service Google Street View.

Streetartview.com est un projet participatif

Pour ajouter une œuvre à la base de données, il suffit de cliquer sur “Add a location”. Le site indique en bleu les zones pour lesquelles les images de Google Street View sont disponibles. Il suffit alors d’explorer la rue dans laquelle se trouve l’œuvre et de sélectionner un angle de vue de bonne qualité.  On clique “submit”, on remplit un court formulaire pour décrire l’œuvre et on valide. C’est un système simple et pratique, qui permet à chacun de contribuer.

Un système de contribution qui a ses limites

Puisque l’objectif est de présenter le street art du monde entier, on peut regretter les limites du système de contribution proposé. De nombreuses zones sont inaccessibles pour Google Street View et certaines prises de vue sont anciennes.

Il serait intéressant de pouvoir publier sur ce site des photos personnelles géolocalisées via une application mobile. On découvre souvent des graffitis par hasard (difficile d’en retrouver l’adresse exacte par après) et dans des endroits peu accessibles. Par exemple, j’ai pris la photo ci-contre à Venise, sur une colonne près de la place Saint Marc. Ce dessin m’a séduite et j’aurais aimé le partager sur la carte de streetartview.com.

Ce lundi, le site de webjournalisme owni.fr publiait un article sur les photos au musée, disant notamment que “la photo est [...] la preuve de l’accueil d’une œuvre au sein du patrimoine privé de chacun, la signature de l’appropriation.” Si l’appropriation de l’art par les foules est l’un des buts de ce musée numérique, il semble dommage d’exclure la publication des photos d’utilisateurs.

12 janvier 2011

L’interactivité, le marketing et les arts

L’interactivité est une notion commune aux univers de l’art et de la pub. Cette mindmap met en relation quelques projets de l’un et l’autre domaine, qui recourent à différents degrés d’interactivité pour impliquer le public dans une relation avec l’œuvre ou la marque.

Dans certains cas la frontière entre l’objet d’art et l’objet marketing est fine (et gagne à être discutée), la distinction faite entre les deux sur ce schéma vise à pointer du doigt leurs ressemblances plus que leurs différences.

Cliquez pour agrandir



Pour plus d’info sur ces différents projets : Faits divers paranormaux, Pulse Room, The Secret is Out There (Coca Cola), Eyeka, Ta pub Orangina, The Johnny Cash Project, TXTual Healing, The Wilderness Downtown, A hunter shoots a bear, Virtual Zippo Application

4 janvier 2011

Une très bonne année 2011 !

Pour bien démarrer l’année, voici une photo de David Honegger, chanteur de talent dans le groupe et graphiste.

…Photo accompagnée de tous mes vœux, pour que vous passiez une année très inspirée !

 

 

Édit : David Honegger vient de démarrer un blog, dans lequel il explique justement la démarche associée à son travail de photo.

[...] je me promène souvent avec mon appareil photo à la recherche de nouvelles idées, et ce que j’ai trouvé de plus intéressant jusqu’à maintenant est cet effet de lévitation. Je tente de détacher mon corps du sol afin de lui donner plus de légèreté et de souplesse à la manière (exagérée) d’un Yogi. Pourtant je ne cherche pas à fuir le sol, je veux juste être présent et ne faire qu’un, à travers le cadre de la photographie, avec mon environnement.[...]

 

 

29 novembre 2010

Cadavre Exquis par Tim Burton

Depuis le 22 novembre, Tim Burton se sert de Twitter pour réaliser un Cadavre Exquis à grande échelle. C’est simple et logique, mais il fallait y penser.

Qu’est-ce qu’un Cadavre Exquis ?

Le cadavre exquis est une expérience inventée au début du XXe siècle par les artistes Surréalistes. L’objectif est d’écrire ou dessiner à plusieurs. Chacun contribue à son tour à la construction de l’œuvre sans voir ce qui a été réalisé auparavant.

Le résultat est toujours imprévisible, parfois drôle, poétique ou encore inquiétant.

Qu’est-ce que Twitter ?

Twitter est un outil de publication en ligne qui permet d’écrire des messages de 140 caractères maximum. Le service est communément utilisé pour se tenir informé des actualités les plus récentes d’un ou plusieurs domaines d’intérêt, ainsi que pour communiquer des informations ou idées que l’on juge intéressantes pour ses abonnés.

Un détournement pertinent de Twitter, qui permet de renouveler le genre du cadavre exquis.

Moi qui trouve dépassée la séparation des genres…  me suis tout de même laissée surprendre par ce détournement du commun usage de Twitter. Le service est pourtant très adapté à la création d’un cadavre exquis contemporain. Pourquoi ?

1) Twitter permet sans problème de créer un texte à plusieurs : il suffit de s’accorder sur un mot-clé (“hashtag” pour les habitués du service) qui serve à trier et réunir tous les messages participant de l’œuvre. Burton a choisi #BurtonStory.

2) Puisque le service twitter est en ligne, il permet d’ajouter au principe du cadavre exquis la multitude des participants. On pourrait donc parler d’un “Massively Multiplayer Exquisite Corpse” (Cadavre Exquis Massivement Multijoueurs). Tim Burton a mis en branle une œuvre d’art participative implantée sur un média social, un cadavre exquis crowdsourcé.

24 octobre 2010

La pub qui plait ou qui agace

Une définition de la publicité

La publicité est une technique de communication. Elle promeut des produits, des services ou des idées en direction d’une cible précise. L’objectif est de de faire adopter un comportement précis à ladite cible, souvent celui de consommer.

La pub qui a mauvaise presse

Les français et la pub, le désamour se poursuit : C’est le titre d’une étude TNS Sofres, qui analyse la perception que nous avons de la pub dans un contexte “morose”. 14% des français interrogés se déclarent publiphiles, contre 34% publiphobes. De plus, 80% des répondants estiment que la pub est “plutôt une source d’ennui”.

Cette étude indique que la qualité la plus recherchée dans une publicité est sa capacité à distraire. C’est aussi sur ce critère qu’elle est la plus mal notée par les répondants.

A la question Comment réconcilier les français avec la pub ? on nous répond qu’il faut moins de discours-prix, et moins d’arguments bateau. En résumé, il faut envisager la publicité comme un divertissement. On veut plus d’humour et plus de surprises.

Le Brand Content véhicule les valeurs de la marque sans agacer

Si on doit transformer les pubs en distractions, alors les contenus de marques ont encore de l’avenir. Le Brand Content peut être un contenu informatif, distrayant ou pratique. Dans tous les cas, il rend service au public. Il valorise l’univers d’une marque sans agacer ou provoquer de l’ennui chez la cible client. On pourrait comparer cette démarche à celle des community manager, qui écoutent et répondent aux clients en dehors de toute relation commerciale.

La séparation entre arts et pub est toujours plus floueMucha, Affiche publicitaire, 1896

Sans entrer dans une définition des liens entre contenus divertissants et oeuvres d’art, il me semble clair que la pub-contenu a besoin de créatifs (d’artistes ?) pour exister et se renouveler efficacement. J’en reviens donc à la question autour de laquelle tourne ce blog : Est-ce que la séparation des genres a encore du sens à ce jour ?

23 octobre 2010

Art et pub, même combat ?

Sous la forme de citations assumées ou d’inspirations plus lointaines, les publicitaires se confrontent aux mêmes problématiques d’image que leurs confrères artistes. Quelques exemples parlants.

Ikéa et Joseph Beuys

Pub Ikéa et oeuvre de Joseph Beuys

Soöruz et Christo

Pub Soöruz et oeuvre Christo

 

Perrier et Salvador Dali

Pub Perrier et oeuvre Dali

 

Volkswagen et Edward Hopper

Pub Volkswagen et oeuvre Hopper

 

Perrier et Colette Hyvrard

Pub Perrier et oeuvre Hyvrard

 

La poste et Michel-Ange

Pub la poste et oeuvre Michel-Ange

 

Fondation Abbé Pierre et Ernest Pignon-Ernest

Pub fondation Abbé Pierre et oeuvre Pignon-Ernest

 

Ministère du développement durable et Anne Geddes

Pub Ministère du développement durable et photo Anne Geddes

 

 

5 octobre 2010

Takashi Murakami à Versailles

À partir du 14 septembre 2010, Takashi Murakami expose ses œuvres à Versailles. Cette association de deux univers fait débat, comme lorsque Jeff Koons avait investi le château. Pourtant, une démarche artistique cohérente et réfléchie est à l’origine du projet.

Le travail de Murakami est fortement lié au Japon

Takashi Murakami est peintre et sculpteur. Ses œuvres pointent du doigt les excès de la société japonaise, et s’inspirent largement de la culture manga et otaku. Dans un reportage du site web Figaro madame, il explique : « La société japonaise est immature, je lui présente son reflet absurde et dérisoire.»

Murakami est à l’origine du mouvement artistique Superflat, c’est-à-dire «super plat». Ce terme fait notamment référence à la disparition de barrières entre les genres au Japon. Les arts graphiques, la culture pub et les beaux-arts s’y confondent bien plus qu’en Europe.

Pourtant, une telle exposition ne serait pas tolérée dans un palais impérial japonais, l’artiste l’admet volontiers. «J’admire la faculté de la France à vouloir toujours se renouveler», dit-il au Figaro.fr. « À partir de rien, elle a bâti le château de Versailles. Républicaine, elle a transformé ce lieu. Contemporaine, elle y met de l’art contemporain. Quel cou­rage ! »

Un château de Versailles imaginaire confronté à la réalité

Sur le site web du château de Versailles, on peut lire une interview de Murakami.  Selon lui, “il est probable que le Versailles de [son] imagination corresponde à une exagération et à une transformation de [son] esprit, jusqu’au point d’être devenu une sorte de monde irréel à part entière”. En effet, l’artiste avait découvert le château grâce au célèbre manga “La Rose de Versailles“, avant de le visiter. L’un des enjeux artistiques de cette exposition est de confronter rêve et réalité.

Versailles et Murakami ont en commun une culture de l’excès

De manière totalement anachronique, il y a des points communs entre l’univers Versaillais et celui de Murakami. Ses œuvres sont porteuses d’une culture du consumérisme et de l’excès. Or, qu’est-ce que Versailles, sinon le symbole du faste et de l’excès à la française?

L’artiste a réussi à créer une cohérence plastique entre un monument du XVIIe siècle et ses œuvres. Les deux univers partagent une esthétique baroque : tout est exagération, surcharge des couleurs et de la décoration.

Petit édit du 21 juin 2011 : Google affiche aujourd’hui, pour fêter le début de l’été, un Doodle créé par Monsieur Murakami ! L’art et le web font bon ménage, je trouve :-)

19 septembre 2010

Internet Marketing 2010 et la création mobile

Ma lecture du jour, c’est Internet Marketing 2010. Cet ouvrage très bien fait propose des conseils et case studies instructifs. Focus sur les pages consacrées au marketing mobile

Le mobile, un terminal multifonctions

Le téléphone mobile est polyvalent. Il permet de créer des contenus, de les lire, et de les partager. D’après Internet Marketing 2010, c’est aussi le « premier média toujours porté ». On apprend par exemple que « 70% des personnes dorment avec leur mobile à portée de main ». En résumé, c’est l’outil le plus immédiatement disponible pour la création, la lecture, et le partage de contenus.

Téléphone mobile et bouche-à-oreille

Le livre décrit le mobile comme un « terrain propice au marketing viral ». En effet, « Le bouche-à-oreille se produit principalement lors d’une découverte », et le mobile permet de réagir en direct. Grâce à lui, on peut exprimer une opinion, témoigner d’une expérience, ou encore recommander un contenu en temps réel.

Marketing mobile et utilisateurs créatifs

Le téléphone portable est « le premier média présent au moment de l’impulsion créative. » On nous précise aussi qu’il permet, «grâce à ses outils multimédias tels que la photo et la vidéo, de générer très rapidement du contenu créatif, [et] de le partager via [ses] fonctions de communication »… Ce qui attire mon attention sur le point suivant : les fonctions interactives du mobile sont l’occasion d’innover dans la construction du lien marque/client, notamment en valorisant les UGC, c’est-à-dire « contenus générés par les utilisateurs ».

Citations extraites de : JOUFFROY Julia, BER Guillaume, TISSIER Martin, Internet Marketing 2010 : L’odyssée du Marketing Interactif, Paris, Elenbi Editeur, 2010.


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